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Paul Morphy

Q.C.M. sur Paul Morphy

Paul Morphy est le personnage le plus emblématique de l'histoire des échecs.

Paul Morphy est né le 22 juin 1837 à La Nouvelle-Orléans en Louisiane. Il est originaire d'une famille irlando-espagnole du côté du père et française du côté de la mère.

Paul Morphy vécut dans une famille aisée. Son père était juge à la Cour Suprême de Louisiane et sa mère pianiste professionnelle. Paul Morphy C'est en regardant jouer son père et son oncle Ernest lors de rencontres dominicales qui se déroulaient à la maison que Paul Morphy déduisit de lui-même les règles du jeu d'échecs. Mais Paul est un garçon timide, il ne dit rien, il observe si bien qu'à l'âge de 10 ans, quand son père se décide à lui apprendre les règles du jeu, il est tout étonné que son fils les connaît déjà et il le prouve en déplaçant les pièces sur l'échiquier.

Il jouait contre son père et son oncle qu'il battait régulièrement. Il devint vite le meilleur joueur de la région. Il affrontait des joueurs de plus en plus forts jusqu'à battre, à l'âge de 12 ans, le maître J. Lowenthal de passage aux Etats-Unis.

Jusqu'à 19 ans, il se consacra exclusivement à ses études, il ne disputait plus aucune partie d'échecs. Il décroche son diplôme de droit à l'université de Louisiane en 1857. Paul Morphy avait une mémoire exceptionnelle. Pendant ses études, il mémorisa de nombreux ouvrages scolaires. Cela lui permit de réussir ses études avec de brillants résultats. A propos de sa mémoire phénoménale, il savait déjà jouer à l'aveugle à l'âge de 12 ans !

A l'automne 1857, il participe au 1er congrès d'échecs américain. Il s'imposa avec une facilité déconcertante. Il battit Louis Paulsen en finale (5 victoires, 1 défaite et 1 nul) et devint le 1er champion des Etats-Unis de l'histoire des échecs. Il reçut, pour l'occasion, un service en argent et 1500 dollars de prix.

Il va ensuite entrer dans sa période (trop courte) de grâce échiquéenne.

Ne trouvant pas d'adversaire digne de lui aux Etats-Unis, il va provoquer en duel Howard Staunton, talentueux joueur anglais considéré comme le meilleur joueur de l'époque. Malgré un prix de 5000 dollars, Howard Staunton refusa.

Paul Morphy profita de l'invitation de la Fédération britannique des échecs au congrès d'échecs de Birmingham pour gagner le vieux continent afin d'affronter les meilleurs joueurs européens. Son club d'échecs de La Nouvelle-Orléans lui paya les frais de voyage. Il arriva à Londres en juin 1858. A Birmingham, Paul Morphy a joué 8 parties simultanément en aveugle avec pour résultats 6 victoires, 1 défaite et 1 nul.

Paul Morphy se rendit au club d'échecs de Saint George pour y arranger une partie en toute amitié avec Staunton, mais ce dernier refusa. Celui-ci invoquait sans cesse un manque de temps. Après une longue hésitation, Staunton promis une rencontre pour novembre. Paul Morphy joua contre d'autres joueurs : Barnes, Boden, Bird, Owen et bien d'autres. Il remportait à chaque fois la victoire finale.

Il retrouva J. Lowenthal, qui voulut sa revanche, mais Paul Morphy était intouchable. Quand il sut que son adversaire avait des ennuis financiers, Morphy lui offrit les meubles dont il avait toujours rêvé.

Morphy contre Lowenthal
Morphy contre Lowenthal

Ayant trop patienté de pouvoir jouer contre Staunton, Paul Morphy se rendit à Paris, au café de la Régence, second centre d'échecs après Londres.

A Paris, Paul Morphy affronta Harrwitz, meilleur français à cette époque. Après 5 victoires pour Morphy, 2 défaites et 1 nul, Harrwitz abandonna étant malade. Paul Morphy joua également 8 parties à l'aveugle en simultané au café de la Régence. Résultats : 6 victoires et 2 nuls.

C'est pendant son séjour à Paris que Paul Morphy joua la fameuse partie de l'opéra contre le duc de Brunswick et le comte d'Isouard.

Malgré sa promesse, Howard Staunton ne s'est pas présenté au match contre Morphy. Profitant de son influence, Howard Staunton commença une campagne calomniante contre Morphy. Paul Morphy écrivit alors une lettre à Staunton en réponse à ses critiques qu'il envoya à plusieurs périodiques. Cela a fortement affecté Morphy qui n'avait rien fait pour mériter un tel mépris.

Paul Morphy A cette époque, Adolf Anderssen était le prétendant le plus sérieux au sacre mondial. Il arrive à Paris en décembre 1858 et rend visite directement à Morphy pour lui proposer un match. Morphy étant malade, les parties eurent lieu à l'hôtel de Morphy. Anderssen gagna la première partie mais la santé de Morphy s'améliorant, il reprit le dessus et finit par l'emporter.

Anderssen a reconnu publiquement Morphy comme le plus fort joueur d'échecs au monde. Anderssen déclara aussi : "Morphy a besoin de 20 coups pour gagner, moi de 80 !" A cette époque, il n'y avait pas encore de championnat du Monde des échecs mais comme aucun joueur ne lui résistait, il était considéré comme le premier champion du Monde non-officiel des échecs.

En avril 1859, un banquet d'adieu fut organisé en l'honneur de Morphy au club Saint George à Londres. Après avoir remporté quelques parties avec toujours autant de brio, Morphy quitta l'Angleterre pour les USA. Morphy était déçu de ne pas avoir pu affronter Staunton. Un duel contre cet adversaire aurait pu lui donner le titre absolu et incontesté de meilleur joueur du monde.

Il fut de retour à New York le 11 mai 1859. Il fut accueilli comme un héros national et porté en triomphe. Il reçut un jeu d'échecs en argent et or avec les pions des armées romaines et barbares et une table d'échecs en ébène.

Une rue porte son nom
Une rue porte son nom

Dans les années 1859-1860, Paul Morphy a travaillé dans l'équipe de rédaction de "The Chess Monthly". Il écrivit aussi des articles pour le périodique "Ledger" à New York.

Avec le temps, Paul Morphy jouait de moins en moins aux échecs principalement sous l'influence de sa mère. Il essayait de faire carrière en tant qu'avocat à La Nouvelle-Orléans. Manquant de digne adversaire et subissant la pression parentale qui estimait que les échecs n'était pas un jeu digne d'une personne adulte, Morphy commença à fuir le monde des échecs. Il jouait encore parfois, mais uniquement avec son ami d'école, Charles Maurian.

Pendant la guerre de sécession, Paul Morphy quitta les Etats-Unis pour Cuba puis pour la France mais il n'est plus jamais retourné au "café de la Régence". Il ne s'intéressait plus aux tournois d'échecs mais il paraît qu'il fit quelques parties avec d'anciennes connaissances.

Après 1869, il n'a plus jamais joué aux échecs. Jusqu'à la fin de sa vie, il ne put se faire à l'idée de ne pas pouvoir se mesurer à Staunton pour le titre mondial des échecs.

Paul Morphy a ensuite sombré dans des états mélancoliques, qui se sont transformés petit à petit en troubles psychologiques. Son état s'aggrava jusqu'à souffrir de manies persécutrices.

Il existe 2 hypothèses expliquant son état de santé :
  - la non réussite de sa carrière d'homme de loi. A cette époque, les idées reçues disaient qu'un éminent joueur d'échecs ne pouvait être en même temps un bon avocat;
  - Morphy connu de gros problèmes de coeur quand les parents de sa bien-aimée lui auraient refusé la main de leur fille prétextant qu'un joueur d'échecs ne pourrait subvenir aux besoins du ménage.

Paul Morphy est mort le 10 juillet 1884 d'une attaque d'apoplexie dans son bain.

Paul Morphy fut un homme d'une intelligence hors-normes. Il a terminé ses études en 2 ans. Il connaissait bien le français, l'espagnol et l'allemand. Il s'intéressait à l'opéra et à la dramaturgie. Il surprenait souvent par sa mémoire en citant librement des fragments du code civil de la Louisiane.

Il fut reconnu comme génie des échecs. Beaucoup de livres lui ont été consacré. Morphy n'a laissé aucun écrit sur lui-même. Les seules preuves de son génie sont les parties d'échecs qu'il a laissées. Son éblouissante carrière ne dura que 2 ans. Elle laissera une empreinte éternelle dans l'histoire des échecs.

Paul Morphy avait un jeu offensif. Il développait rapidement ses pièces en déplaçant le minimum de pions au début de la partie. C'est par lui que furent jouées les plus jolies parties de l'histoire des échecs. Il était un véritable artiste des échecs.

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